Les habitants de la ville de Bukavu sont appelés s’impliquer dans la protection de leur environnement , à travers des gestes simples mais obligatoires . Parmi les mesures mises en avant figurent la possession d’une poubelle dans chaque ménage, la pratique du tri sélectif et l’interdiction de jeter des immondices dans les canalisations. Cet appel a été lancé dimanche 22 mars 2026 lors d’une émission spéciale organisée dans le cadre de la campagne « Bukavu Ville Verte », consacrée à l’analyse des causes de l’insalubrité persistante dans la ville.
Lors de ces échanges, plusieurs facteurs ont été identifiés pour expliquer l’accumulation des déchets dans la ville.
Les intervenants ont notamment cité l’absence de poubelles dans de nombreux foyers, le raccordement illégal des fosses septiques aux caniveaux, la forte croissance démographique, le manque d’infrastructures de recyclage ainsi que le refus de certains ménages de s’abonner aux services de ramassage des ordures.
Ces pratiques contribuent à l’obstruction des collecteurs d’eau et aggravent les risques d’inondations et de maladies.
Selon Janvier Makombe Kabare, acteur impliqué dans le secteur de la collecte des déchets, la ville de Bukavu produit plus de 898 tonnes de déchets par jour. Pour évacuer une telle quantité, il estime qu’il faudrait environ 250 rotations de camions chaque semaine.
Ce dernier souligne que la gestion efficace des déchets repose sur une chaîne complète comprenant la collecte, le transport et le recyclage.
Il regrette toutefois le faible investissement des opérateurs économiques dans ce secteur, pourtant porteur d’opportunités d’emplois et de revenus.
De son côté, la professeure Neema Furaha de l’Université officielle de Bukavu a alerté sur les conséquences environnementales de la mauvaise gestion des déchets.
Elle a expliqué que la majorité des immondices jetées dans les caniveaux finissent dans le lac Kivu, avec des effets visibles sur l’écosystème.
Selon elle, la pollution menace la production des fretins communément appelés sambaza, affecte la qualité de l’eau captée pour la distribution publique et provoque des dysfonctionnements dans certaines installations électriques en raison des déchets qui obstruent les conduites.
Intervenant au cours de la même émission, le maire de Bukavu, Nicolas Kyalangalilwa, a comparé la protection de l’environnement à une question de sécurité publique.
A cet effet , le maire de la ville de Bukavu a appelé les habitants à respecter les travaux communautaires hebdomadaires, à planter des arbres et à entretenir régulièrement les canalisations , en particulier pour les riverains des grands collecteurs comme Kahuhwa et Luziba.
L’autorité urbaine a également annoncé l’aménagement de trois sites destinés à la réception et au recyclage des déchets afin d’améliorer l’organisation du système d’évacuation.
Partenaire financier de l’initiative , la Coopération suisse a rappelé que ce « Mois Vert » ne constitue pas une solution immédiate, mais plutôt le point de départ d’un changement durable. Le directeur de la coopération Suisse, Mr Thomas Jenatsch a indiqué que l’objectif est de sensibiliser à la fois la population et les autorités afin de mettre en place un plan de gestion des déchets capable de répondre aux défis environnementaux de la ville.
La campagne « Bukavu Ville Verte » réunit plusieurs organisations de la société civile du Sud-Kivu , des artistes, des médias ainsi que des universités locales, tous engagés à promouvoir une ville plus propre et un environnement mieux protégé.
