« Le Procès de la poubelle », tel est le titre du spectacle d’humour offert au public à l’espace Comédie Club de Bukavu, le weekend dernier. Ceci dans le cadre du mois Vert initié par la coopération Suisse en ville de Bukavu. Le tout pour sensibiliser la population sur la protection de la nature et la bonne gestion des déchets.
« Au commencement, j’étais calme, belle. Je me suis mise à hurler, crier sans espoir. Vous avez fait de moi une poubelle à ordures. Alors je me suis vengée, j’ai pris Mamy, j’ai avalé Christian, j’ai étranglé Marie en criant « la Vierge Marie » ; Moïse, je l’ai pris par le cou lui demandant de montrer son bâton, mais cette fois il n’avait rien, je l’ai emporté sans pitié », s’est réjouie Madame la Catastrophe.
À travers ce rôle , l’actrice Patricia Kamoso a révélé la souffrance que causent les catastrophes naturelles qui surviennent suite à la mauvaise gestion des déchets et à la destruction de l’environnement dans la ville de Bukavu.
« À quoi sert la poubelle dans un pays où la concurrence est déloyale avec la présence des caniveaux comme concurrents ? Nul n’est poubelle dans son propre quartier, à part Point-Point, Ruzizi, Musigiko », a lancé pour sa part Espoir Bulangalire, interprétant le rôle du lac Kivu pollué par des déchets venus des différentes avenues de la ville.
À travers cette interprétation, l’artiste a interpellé de manière comique les habitants qui choisissent de jeter leurs déchets dans des ravins et des canaux d’évacuation d’eaux au lieu d’utiliser une poubelle.
Représentant les évaluateurs des déchets , les artistes Gloire Taylor et Crispin de Mars ont démontré l’approche sociologique de la gestion des détritus.
Chez les riches comme chez les pauvres, la mentalité est devenue la même, soulignant que « les riches sont devenus des pollueurs-payeurs au détriment de la nature ».
Au cours de ce spectacle, il a été démontré que les crimes de mauvaise gestion des déchets profitent aussi à certains malades mentaux qui prennent plaisir à transformer des dépotoirs mal gérés en maisons d’habitation.
Dans son rôle de malade mental se régalant sur une poubelle ornée de déchets, Joyeux Bin Kabodjo s’est réjoui de voir que les habitants de Bukavu n’ont pas encore adopté la culture du recyclage, allant jusqu’à jeter à la poubelle des documents de valeur.
Après avoir suivi ce spectacle , les participants ont encouragé l’initiative de la Coopération Suisse et les acteurs qui se sont démarqués sur scène.
Ces derniers s’engagent à mettre en pratique les leçons apprises par le rire pour une bonne gestion des déchets.
Lors des échanges conduits par Thomas Jenatsch , les spectateurs ont émis le vœu de voir ce numéro être produit dans des espaces plus larges et même dans d’autres villes du pays pour sensibiliser à une gestion responsable des déchets, qui reste un défi majeur en RDC.
