Les femmes et jeunes filles n’ont pas l’héritage et à la terre dans plusieurs territoires du Sud-kivu. Ceci suite aux traditions et coutumes coutumes rétrogrades. Des résultats issus de l’étude menée par l’association Karibu Jeunesse Nouvelle de 2020 à 2025 dans la ville de Bukavu et les territoires de Kalehe , Walungu, Idjwi et Kabare . La présentation de ces résultats est intervenu lors d’un atelier tenu ce lundi 30 Mars 2026 en ville de Bukavu.
Durant deux jours, les chefs coutumiers , les chefs religieux , les membres des organisations des femmes et jeunes ainsi que les médias, vont échanger sur les causes de violations de ces droits, ceux qui en sont les auteurs et quelles sont les conséquences sur la cohésion sociale et la consolidation de la paix.
Le tout pour barrer la route ces violations et accorder aux femmes et jeunes filles l’accès à leurs droits et barrer la route aux traditions et coutumes rétrogrades toujours en vogue dans plusieurs communautés.
Également, cet atelier va servir de cadre pour renforcer les capacités des participants sur le code de la famille et la loi foncière. Ceci pour faciliter la sensibilisation et la vulgarisation de ces textes.
Pour Mme Jolly Kamuntu, PCA de Karibu Jeunesse Nouvelle , cette étude ouvre une voie à une série d’autres activités pour assurer la sensibilisation des différentes couches sociales sur l’accès des femmes et filles aux droits à l’héritage et à la terre.
« Cette étude qui était un «quick scan» , comme je peux l’appeler ainsi , nous a permis de peindre un tableau par rapport à ces deux droits , nous allons poursuivre maintenant d’autres activités. Il y a des causeries éducatives que nous allons commencer dans les communautés pour éveiller, pour informer , pour sensibiliser qu’il y a ce problème dans la communauté, On va installer un système d’alerte précoce qui va nous permettre , à chaque fois qu’il y a ces violations , que les victimes dénoncent, que leurs communautés dénoncent. On a recruté des experts en droit qui vont les accompagner, qui vont faire des plaidoyers avec elles auprès des familles, auprès des autorités coutumières pour les restituer dans leurs droits. Il y a aussi , au-delà des alertes précoces , on a installé une mini-clinique juridique qui va permettre cet accompagnement gratuit de ces victimes-là de violations des droits de la femme à l’héritage et à la terre . Il y a aussi nos réunions de monitoring qui sont devenues une routine. Des réunions de monitoring qui se tiennent chaque trois mois et qui vont répertorier les cas de ces violations dans nos différents territoires où nous intervenons».

Et de poursuivre :
« La musique et la comédie, qui sont l’un des moyens et l’une des stratégies de KJN (Kivu Jeunesse Nouvelle), ne sont pas en reste. On va renforcer les capacités des artistes musiciens et comédiens membres de KJN pour qu’ils produisent aussi des chansons et des sketches sur la thématique, parce que nous savons tous chez nous que la chanson et le sketch éduquent mieux que la parole. Parce que quand une chanson est populaire , tout le monde chante ; quand un sketch est populaire, tout le monde en parle. On va faire passer le message par cette voie aussi»
Signalons que cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet : le cadre de son Projet dénommé «Femme, Terre, Paix et sécurité : Programme de mobilisation et de sensibilisation sur les droits de la femme et de la jeune fille a l’héritage et à la terre au Sud Kivu dans un contexte de guerre , financé par la Fondation Américaine pour la Démocratie, NED.
Par Loni Irenge Joël et Antoine Ruhamya
