À l’occasion de la Journée mondiale de l’enfant africain célébrée ce 16 juin 2026, l’organisation non gouvernementale Justice Pour Tous (JPT) tire la sonnette d’alarme . Face aux conflits armés et à la pauvreté au Sud-Kivu, elle appelle à une mobilisation générale urgente.
Le constat est amer pour l’enfance au Sud-Kivu. Alors que le 16 juin commémore historiquement le courage des enfants de Soweto pour le droit à une éducation de qualité, des milliers d’enfants de la province continuent d’être privés de leurs droits fondamentaux les plus élémentaires.
Dans un communiqué de presse signé son coordonnateur Me Eloge Kabingwa Jumba, l’ONG Justice Pour Tous exprime sa « profonde préoccupation » face à une crise humanitaire et sociale qui ne cesse de s’aggraver.
Une enfance sacrifiée sur l’autel de l’insécurité
Le tableau brossé par l’organisation est particulièrement sombre. La province du Sud-Kivu fait face à une augmentation inquiétante du nombre d’enfants en situation de rue, un phénomène alimenté par l’éclatement des familles, l’extrême pauvreté et les accusations de sorcellerie.
Livrés à eux-mêmes, ces mineurs sont exposés à de multiples fléaux notamment : « Violences et abus : Exploitation économique, violences physiques, psychologiques et consommation de substances nocives. Rupture scolaire : En raison de l’insécurité persistante, du déplacement des populations et de la fermeture des écoles, des centaines de milliers d’enfants ont vu leur parcours éducatif brutalement interrompu.Exploitation extrême : Dans les zones de conflit et les sites miniers, JPT dénonce le recrutement forcé, les violences sexuelles ainsi que le travail des enfants dans des activités économiques à haut risque.»
« La protection de l’enfant constitue une responsabilité collective qui incombe à l’État, aux familles, aux communautés ainsi qu’au secteur privé », rappelle avec force l’organisation.
Un appel pressant à l’action collective
Refusant la fatalité, l’ONG fidèle à sa mission de promotion des droits humains et de la bonne gouvernance formule une série de recommandations stratégiques:
« Aux autorités publiques & ETD : Renforcer d’urgence les mécanismes de protection sociale et allouer de manière transparente les ressources publiques à l’éducation et la santé. Aux acteurs humanitaires : Intensifier le soutien financier et technique aux programmes de réinsertion et d’accompagnement psychosocial.Aux entreprises minières : Respecter rigoureusement les normes relatives aux droits de l’enfant et s’impliquer activement dans le développement des communautés locales.Aux familles et leaders d’opinion : Combattre sans relâche la stigmatisation et les violences faites aux enfants.
En somme cette organisation réaffirme son engagement sur le terrain et martèle un message essentiel : « l’enfant africain ne doit plus être une victime collatérale, il mérite protection, éducation et un avenir digne.» indique notre source.
Par Loni Irenge Joël
