À l’occasion du cinquantième anniversaire du massacre de Soweto célébré ce 16 juin 2026, l’artiste plasticien et défenseur des droits humains , Kyungu Mukuta Steve, signe une tribune poignante. Un réquisitoire sans concession contre l’impunité et le silence des décideurs face aux violences systémiques qui broient l’enfance en République Démocratique du Congo.
« 50 ans après le massacre de centaines d’enfants, leurs voix continuent de crier dans le silence total des décideurs. »
Le ton est donné d’entrée. Pour Kyungu Mukuta Steve, le triste anniversaire du 16 juin 1976 ne doit pas être une simple commémoration de façade, mais un miroir tendu aux réalités brutales d’aujourd’hui. Viols, kidnappings, mutilations, enrôlement forcé par les milices : cinquante ans plus tard, l’horreur a simplement changé de géographie. Et c’est en RDC que le bilan est le plus lourd.
Une nation fracturée, une enfance sacrifiée
De l’Est à l’Ouest, l’artiste dresse une cartographie sombre de la souffrance des plus jeunes.
En Ituri, à Beni, ou dans les Kivu, les massacres d’enfants commis par les groupes armés sont devenus « une tragédie répétée depuis plus de trente ans ».
Steve fustige une impunité révoltante où les bourreaux , loin d’être traqués , s’invitent à la table des négociations sous le regard impuissant du pouvoir.
Pendant ce temps , le reste du pays s’enfonce dans d’autres crises : conflits tribaux au Sud-Est, famine au Centre, et blocages politiques à l’Ouest.
Pour Kyungu Mukuta Steve, les débats politiques actuels sur la révision des textes de loi souffrent d’une absence cruciale : l’oubli total de l’intérêt supérieur de l’enfant. « Si nous ne pensons pas à son avenir radieux, devenu adulte, il ne pensera pas à l’avenir meilleur de sa nation », prévient-il.
Le manifeste du changement : Justice, Sanctions et Réparations
Face à ce tableau sombre, le défenseur des droits de l’enfant rompt le silence et oppose un double manifeste, structuré comme un appel à la résistance et à l’action immédiate.
Les « NON » de la rupture : Un refus catégorique de la recrudescence des violences sexuelles, de l’utilisation des enfants-soldats, de la stigmatisation, de la prolifération des armes et d’une législation aveugle à la détresse de la jeunesse.
Les « OUI » de la reconstruction : Un plaidoyer vibrant pour l’activation d’une véritable justice transitionnelle, l’application de sanctions sévères contre les criminels, des réparations concrètes pour les victimes, et un accès universel aux droits de base, notamment l’eau potable et l’hygiène.
En clôturant sa tribune par un hymne à la paix et à la stabilité de la RDC, Kyungu Mukuta Steve rappelle une vérité fondamentale : sauver l’enfant congolais aujourd’hui, c’est sauver la société de demain.
par Loni Irenge Joël
