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À la Une: le gouvernement congolais renversé

Le gouvernement du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba a été destitué hier par l’assemblée nationale

« Le gouvernement du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba a été destitué hier par l’assemblée nationale », constate le site d’information congolais Cas-Info. « Cette destitution, précise-t-il, fait suite au vote d’une motion de censure fondée sur les défaillances de l’action gouvernementale face aux attentes des populations congolaises liées notamment à la paix, la sécurité, l’État de droit, la démocratie et la situation sociale. »

Bref, résume Cas-Info, « le gouvernement Ilunkamba est accusé d’incompétence. “Le gouvernement a terriblement failli et ce sur tous les plans, affirment les signataires de la motion. Il ne mérite donc plus la confiance de l’Assemblée nationale et de ce fait de tout le peuple congolais”. »

Désormais, précise Jeune Afrique, « avant de s’atteler à la formation de son nouveau gouvernement, le président congolais Félix Tshisekedi devrait recevoir dans les prochains jours le rapport de l’informateur, Modeste Bahati Lukwebo, chargé depuis le 1er janvier de constituer une nouvelle majorité. S’il fait peu de doutes qu’il y parviendra, il faudra observer la manière dont seront répartis les postes. »

Une bataille mais pas la guerre

En tout cas, « sale temps pour la Kabilieconstate pour sa part AfrikarabiaAprès la défaite d’Emmanuel Ramazany Shadari, le dauphin de Joseph Kabila, à la présidentielle de 2018, après la chute de la présidente de l’Assemblée nationale (en décembre), c’est au tour du très kabiliste Premier ministre Sylvestre Ilunga de se voir destituer. »

Il s’agit là, poursuit Afrikarabia, « d’une nouvelle étape dans la bataille que mène Félix Tshisekedi pour tenter de récupérer le pouvoir jusque-là confisqué par le camp Kabila. (…) Mais si l’actuel président vient de remporter plusieurs batailles, ébranlant le système Kabila, il n’a peut-être pas gagné la guerre, pointe le site spécialisé sur la RDC. En composant une “Union sacrée” pléthorique qui ressemble à deux gouttes d’eau à la coalition CACH-FCC, avec les mêmes acteurs, le président Tshisekedi se retrouve maintenant condamné à devoir satisfaire les exigences de ses propres troupes de l’UDPS, mais aussi celles de ses très nombreux nouveaux partenaires aux intérêts souvent divergents. »

Du pain sur la planche

« Félix Tshisekedi et son camp peuvent savourer cette première victoire, qui pourrait bien n’être qu’un succès d’étape, relève pour sa part WakatSéra au BurkinaL’incompétence, l’insécurité, l’incapacité à mettre fin aux massacres dans l’est du pays, la présence des armées étrangères sur le sol congolais, le manque d’équité dans la justice et la corruption, pour ne citer que ces griefs, portés par, la partie accusatrice de l’Assemblée nationale, contre Sylvestre Ilunga, relèvent, en réalité, de la responsabilité du chef de l’État, s’exclame WakatSéra, de qui le Premier ministre reçoit sa feuille de route. Mieux, ces maux, sont loin d’être une nouveauté pour les Congolais et ne pourront pas disparaître d’un coup de baguette magique. »

Plus d’excuses !

Alors, attention prévient Ledjely en Guinée, « maintenant que Félix Tshisekedi s’est libéré de l’emprise et s’est quelque peu mis à l’abri des crocs-en-jambe de l’ancien président, il n’a plus droit à l’erreur. Certes, il a posé quelques actes. Au nombre desquels, on peut citer les réformes en cours du système éducatif avec notamment la gratuité de l’enseignement primaire. (…) On n’oublie pas non plus le procès dit des 100 jours qui avait abouti à la condamnation notamment de Vital Kamerhe, l’ex-directeur de cabinet du président Tshisekedi. Il y a donc eu des efforts. Mais il en reste, pointe le site guinéen. En tout cas aux yeux des Congolais dont la situation quotidienne n’a pas fondamentalement été impactée par la nouvelle gouvernance. Peut-être en partie parce que le phénomène de la corruption demeure encore prégnant dans la société congolaise en général et dans l’administration publique en particulier. Mais c’est surtout dans la partie orientale du pays, frontalière avec l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, relève encore Ledjely, que les populations, prises en tenailles entre différents groupes armés, attendent de voir les impacts de la présidence Tshisekedi. »

En effet, renchérit Le Pays à Ouagadougou, « maintenant qu’il a les coudées franches pour travailler, le président Tshisekedi n’a plus d’excuses. Tel un maçon, il est attendu au pied du mur dans la mise en œuvre de son programme politique sur la base duquel il a été élu. Il a d’autant plus intérêt à travailler que la prochaine présidentielle se profile déjà à l’horizon. »

Radio Télévision Ngoma ya Kivu