Le lancement officiel de l’étude d’analyse et de caractérisation des déchets solides dans la ville de Bukavu est intervenu ce vendredi 19 juin 2026. Cette étude vise à produire des données scientifiques fiables sur la composition, la quantité et l’origine des déchets solides afin de contribuer à l’amélioration durable du système de gestion des déchets dans la ville.
Une initiative de FabLab EcoDéchets de l’Université Évangélique en Afrique (UEA), en partenariat avec la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo (RDC).
L’objectif est de renforcer la gouvernance environnementale et l’assainissement urbain, confrontés à des défis croissants liés à la gestion des déchets solides ménagers et non ménagers.
Cette démarche passera notamment par une analyse approfondie des systèmes existants de collecte, de tri, de stockage, de transport, de traitement et d’élimination des déchets à Bukavu, fait savoir le coordonnateur du FabLab EcoDéchets.
Le Professeur Fabrice NFUAMBA invite les habitants de Bukavu à participer et à s’approprier cette étude, estimant que la question des déchets concerne l’ensemble de la communauté.

«Nos ménages connaissent aujourd’hui un problème important. Je vous donne un exemple simple : les déchets produits en milieu rural sont essentiellement des déchets organiques, alors qu’en ville ce sont davantage les déchets plastiques qui posent problème. Nous devons rééduquer la population pour savoir où ces déchets doivent être collectés et si les acteurs chargés de cette collecte disposent réellement des moyens nécessaires pour assurer un service de qualité. En même temps, il faut s’assurer que ces déchets sont correctement gérés, car certains doivent être incinérés tandis que d’autres peuvent être récupérés. Nous avons effectivement des difficultés à valoriser les déchets», explique-t-il.
De son côté, le chef du projet Économie circulaire de la Croix-Rouge RDC souligne que les résultats attendus permettront d’identifier les différentes sources de production des déchets, leurs variations saisonnières ainsi que les acteurs impliqués dans l’ensemble de la chaîne de valeur afin de redonner à Bukavu son image d’antan.

«Bukavu, qui était autrefois appelée la ville verte, est aujourd’hui qualifiée de ville poubelle à cause de la mauvaise gestion des déchets. Cette étude vise à mettre fin à cette situation. Elle permettra de connaître avec exactitude les types de déchets ménagers, leur quantité ainsi que leurs flux afin de mieux concevoir un plan d’assainissement et un plan de gestion des déchets», affirme le professeur Arthur BISIMWA MUBWEBWE.
Présent à l’atelier, le chargé des programmes au bureau de la Coopération suisse au Congo, basé à Bukavu, s’est dit satisfait de l’initiative.
Selon lui, il est difficile d’améliorer la gestion des déchets sans disposer de données fiables.

«Réaliser cette étude constitue en soi un objectif très important. Je suis satisfait qu’on décide enfin de mener une étude qui nous fournisse des informations réelles, scientifiquement vérifiables, et qui serviront de base à la planification des interventions futures dans ce domaine», déclare Deo BASHI.
Les acteurs intervenant dans les secteurs de l’assainissement et de l’économie circulaire des déchets se sont également réjouis de cette initiative. Ils considèrent cette étude comme un outil d’orientation qui permettra notamment à la population de mieux comprendre l’importance du tri à la source au niveau des ménages.

«Cette étude va nous permettre d’améliorer nos stratégies de travail, car nous disposerons d’une vision globale des déchets produits dans les ménages et chez les utilisateurs non ménagers de la ville de Bukavu. Cela facilitera ensuite leur transformation, leur valorisation et la mise en place d’unités de production dans les années à venir», explique Emmanuel BENGEHYA, coordonnateur de COP5.
À travers cette étude, le FabLab EcoDéchets de l’UEA et la Croix-Rouge RDC réaffirment leur engagement en faveur d’un environnement sain, d’une meilleure gouvernance des déchets et d’un développement urbain durable dans la ville de Bukavu et dans le bassin du lac Kivu.
L’étude ambitionne également d’identifier des solutions innovantes d’économie circulaire à travers la valorisation des déchets plastiques et organiques disponibles localement.
‘Par Eric CHOKOLA
