À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, Kwabe Balibuno Franck, enseignant-chercheur au département de géographie et gestion de l’environnement à l’ISP Bukavu, dresse un bilan scientifique et responsable de la situation environnementale de la ville.Dans un entretien avec la RTNK, ce dernier précise que la ville de Bukavu fait face à des défis majeurs qui impactent directement la santé et la qualité de vie de ses habitants.
La pollution de l’air : une menace pour les plus vulnérables
Le premier défi concerne la pollution atmosphérique, principalement causée par la circulation automobile, la poussière des routes non aménagées et le brûlage des déchets.
Cette situation entraîne une hausse des maladies respiratoires (asthme, toux chroniques) et des irritations oculaires, touchant en priorité les enfants et les personnes âgées.
Comme solutions, ce dernier propose : « Renforcer la gestion des déchets, interdire le brûlage à ciel ouvert, améliorer les infrastructures routières et planter des arbres en milieu urbain pour filtrer l’air.»
Des vagues de chaleur accentuées par l’urbanisation
Les habitants ressentent de plus en plus de fortes vagues de chaleur, particulièrement à partir de 11 heures. Ce phénomène est lié à l’urbanisation rapide et à la réduction du couvert végétal. Les surfaces bétonnées retiennent la chaleur, provoquant stress thermique, fatigue et baisse de la concentration, notamment chez les élèves.
Pour faire face à cette situation, Mr Franck Kwabe propose le reboisement de la ville, la protection des arbres existants, la création des espaces verts : « Notamment en gazonnant les cours d’écoles et les avenues et adopter des matériaux de construction adaptés au climat actuel »
Anomalies climatiques et risques sanitaires
Bukavu est également exposée à des pluies irrégulières mais torrentielles, qui provoquent des glissements de terrain, des inondations, des destructions d’habitations, ainsi que des pertes économiques et humaines. Cumulées à la pollution de l’air et à la prolifération des eaux insalubres, ces anomalies aggravent les risques sanitaires.
Également pour résoudre ce problème, Franck insiste sur l’amélioration de la planification urbaine, l’interdiction des
des constructions dans les zones à risque, la stabilisation des
les pentes par la végétation et le développement des systèmes d’alerte et de prévention communautaire.
Un appel à l’action collective
Pour inverser la tendance , le chercheur appelle à une réponse globale : renforcer la surveillance environnementale, intégrer la santé dans les politiques publiques et sensibiliser la population dès le plus jeune âge à travers l’éducation environnementale dans les écoles.
« La protection de l’environnement n’est pas seulement une responsabilité des autorités, mais celle de chacun d’entre nous. Agir aujourd’hui, c’est garantir une ville plus saine, plus résiliente et plus durable pour les générations futures », conclut Kwabe Balibuno Franck.
Par Loni Irenge Joël et Raissa Namashunju
