La Troisième édition du festival Kwetu Théâtre s’est clôturée le dimanche 3 Mai 2026 à Bukavu. Entre performances théâtrales , slam et humour , l’événement s’impose comme un vecteur d’espoir et de professionnalisation pour la jeunesse artistique de la région des Grands Lacs.
Le rideau est tombé sur une édition riche en émotions. Durant trois jours , le festival a rassemblé des compagnies venues de Goma, Bukavu , Kigali et Bujumbura, offrant un panorama diversifié de la création contemporaine.
Pour Joyeux Bin Kabodjo, directeur de l’espace culturel ECKA , le sentiment est avant tout celui de la « réjouissance » et de la gratitude envers un public qui a répondu présent en nombre.
« Nous sommes(… ) Je parle au nom de mon équipe , nous avons un sentiment de réjouissance , si on veut. Un sentiment de gratitude envers le public de Bukavu qui a répondu présent. Un sentiment de gratitude envers le même public qui a accepté de s’asseoir chaque jour pendant trois jours pour suivre trois spectacles et réfléchir avec nous, rire avec nous, penser, discuter après entre deux-trois couloirs. Donc en fait, pour ECKA, c’est un sentiment de réjouissance»
Une montée en gamme artistique et technique
Au-delà de la simple représentation, cette édition a marqué un tournant qualitatif.
Le directeur artistique , Mr Sylvain Kasereka , souligne une évolution notable.
Ce dernier precise qu’un effort particulier a été consenti sur la régie et la scénographie afin de garantir aux artistes des conditions de jeu optimales, répondant ainsi aux exigences du spectacle vivant.
« On a eu un programme très costaud parce que qui mélangeait un peu du slam, un peu du théâtre , un peu de l’humour . On n’est pas restés que sur le théâtre , on a aussi eu des moments d’humour et de slam. Alors artistiquement , par rapport aux autres éditions, on sent qu’il y a déjà de l’évolution, de nouvelles propositions et des visages de nouveaux acteurs qui entrent dans le secteur et qui viennent apporter aussi leur plus. Donc déjà artistiquement , pour nous ça va. Et ça se fait aussi sentir au côté technique par rapport à la régie, par rapport aux autres éditions. Cette année, on a essayé vraiment de répondre à des questions techniques pour satisfaire la plupart des artistes avec leurs prestations. Mais à part ça aussi, soutenir leur scénographie parce que souvent les gens ils sortaient dehors pour prendre un peu de l’air avant qu’ils rentrent dans la salle pour s’assurer en tout cas que la qualité artistique de chaque spectacle soit respectée et que les artistes se retrouvent dans de bonnes conditions avant de jouer et après et pendant. Voilà»
Relever les défis du terrain
Le succès n’a pas été sans obstacles. L’organisation a dû jongler avec un programme dense de trois spectacles par jour , des contraintes de timing et les caprices de la météo qui ont parfois menacé les scènes en extérieur.
De plus , le festival travaille à l’éducation d’un public encore « jeune » face aux codes du théâtre, tout en se réjouissant de son adhésion croissante.
En parallèle des spectacles des sessions de formation ont été organisées pour renforcer les capacités des comédiens locaux.
« Recoudre le rêve » par l’union.
Placé sous le signe de la résilience, le festival s’est donné pour mission de « recoudre les rêves » des artistes dont les perspectives ont souvent été assombries par les crises de la région
«Nous avons « recousu le rêve ». C’est-à-dire que grâce à ce festival, les artistes du théâtre qui ont vu des scènes mourir pendant des années, même pas que à cause de la guerre, hein ! Pendant des années, il y a… il y a beaucoup qui ne se produisait pas . On leur a donné la parole, on leur a donné un espace d’expression »
En clôturant l’événement , l’équipe a déjà les yeux tournés vers l’avenir, promettant une édition prochaine encore plus grandiose.
« Nous allons continuer à y réfléchir avec toute l’équipe de l’espace afin de produire des éditions prochaines plus grandioses que les précédentes» rassure Mr Joyeux Bin Kabodjo
Présent à ce festival , le président du conseil d’administration de l’espace ECKA, remercie l’équipe organisatrice, les artistes et le public pour la réussite du festival Kwetu Théâtre.
Me Marcelin Cirha appelle la population à toujours participer aux activités de l’espace ECKA pour la promotion des activités culturelles en province du Sud-Kivu
Signalons que la troisième édition du festival Kwetu Théâtre était possible grâce au soutien de la coopération Suisse et a connu la participation du président du conseil d’administration de l’espace culturel Kwetu Art (ECKA) , Me Marcelin Cirha et les amoureux de la culture venus de la ville de Bukavu et ses environs.
Par Loni Irenge Joël
