Le festival Kwetu Théâtre vient de tirer sa révérence ce dimanche 3 Mai 2026 en ville de Bukavu . Ceci après trois jours d’effervescence culturelle. Entre plaidoyer écologique , engagement féministe et introspection sociétale , les artistes ont utilisé pour interpeller la conscience collective de la population du Sud-Kivu.
Un féminisme nuancé
Tout commence à l’amphithéâtre Zézé par le spectacle « Féministe 50% ou pas » de Stella Stessy Dunia de Bujumbura au Burundi.
Sur une note tout aussi engagée, l’artiste Stella a interrogé la définition même de l’indépendance des femmes dans la société actuelle.
Elle y explore les paradoxes de celles qui se revendiquent féministes tout en restant, parfois par nécessité ou structure sociale , dépendantes d’autrui.
Son message est clair : « l’honnêteté dans le combat pour l’égalité est primordiale pour avancer »
L’insalubrité au banc des accusés !
De retour dans la salle des spectacles de l’espace culturel Kwetu Art, c’est le tour du spectacle « Le procès de la poubelle présenté par Bukavu Comédie Club devant un public hyper motivé.
Selon Me Espoir Bulangalire, l’un des acteurs, ce spectacle se veut une réflexion profonde sur la gestion des déchets à Bukavu.
Loin de simplement pointer du doigt les autorités , l’œuvre rappelle que chaque citoyen est acteur de son environnement.

« Nous sommes nous-mêmes les créateurs de cette insalubrité. Il faut plaider coupable et s’engager à adopter un comportement plus responsable », a déclaré Maître Espoir à l’issue de sa performance.
Juste après , l’artiste Alexis Kant de Goma présente son spectacle : « Et si Jésus n’était pas Dieu». Ce dernier décrit son œuvre comme un « amalgame de questionnements ».
En plaçant le spectateur face à l’équilibre entre la volonté divine et l’action humaine, l’artiste pointe du doigt une démission collective.

« L’homme semble ne plus prendre en main ses responsabilités pour un monde encore meilleur ».
Le message est un appel au combat et à la prise de conscience pour offrir une chance de survie aux générations futures.
Un appel à soutenir la création locale
Au-delà des messages thématiques , le festival a été l’occasion pour les organisateurs et les artistes de souligner l’évolution positive du public de Bukavu.
Si l’enthousiasme est bien présent, le besoin de soutien structurel reste criant.
Pour Alexis Kant ce festival est le « premier espoir de la renaissance de la culture à Bukavu ».
De son Maître Espoir estime que le défi est maintenant de maintenir cette flamme.
« Tout cela n’aura servi à rien s’il n’y a personne pour soutenir ces artistes qui se donnent du mal chaque jour pour créer ».
En somme , le Festival « Kwetu Théâtre » organisé par l’espace culturel Kwetu Art (ECKA) avec l’appui de la coopération Suisse, de positionne désormais comme un rendez-vous incontournable , prouvant que l’art , au-delà du divertissement reste l’outil le plus puissant pour susciter le débat et le changement social dans la région.
Par Loni Irenge Joël
